BT … Deux simples lettres. Une signature presque discrète. Et pourtant, derrière ces initiales, se cache une partie de l’histoire de GAINDE 2000. Vingt-cinq années de carrière au sein de ce champion africain de la dématérialisation, vingt-cinq années passées à accompagner des projets qui ont contribué à transformer durablement le commerce extérieur sénégalais et à faire rayonner le savoir-faire numérique du pays bien au-delà de ses frontières.
Aujourd’hui, Le Tech Observateur remonte le fil du parcours de Bineta Thiam. Celui d’une femme de conviction, d’une professionnelle rigoureuse et d’une actrice de la première heure de l’aventure GAINDE 2000. Une aventure qu’elle rejoint presque par hasard au début des années 2000, à une époque où l’entreprise n’est encore qu’un projet ambitieux porté par une poignée de pionniers réunis autour d’une vision et d’un homme : l’Administrateur général, Ibrahima Nour Eddine Diagne.
Un appel inattendu et tout bascule dans le bon sens !
L’ironie de l’histoire mérite d’ailleurs d’être racontée. À l’époque, la jeune diplômée nourrit un rêve bien précis : travailler pour une grande entreprise européenne. Comme beaucoup de jeunes professionnels de sa génération, l’ancienne pensionnaire du Lycée Thierno Seydou Nourou Tall voit alors son avenir dans une multinationale étrangère. Elle attend d’ailleurs les résultats de plusieurs entretiens lorsqu’un appel vraiment imprévu vient bouleverser ses plans.
Vingt-cinq ans plus tard, le destin lui a offert un tout autre chemin. Bineta Thiam a construit l’essentiel de sa carrière au sein d’une entreprise profondément africaine. Et quel clin d’œil de l’histoire ! Car cette entreprise porte un nom résolument sénégalais : GAINDE. Le lion en Wolof, la langue la plus parlée au Sénégal. Un symbole de courage, de force et de persévérance qui, avec le recul, ressemble presque à une prémonition tant ces qualités auront accompagné l’entreprise comme celles et ceux qui l’ont bâtie.
À travers le parcours de Bineta Thiam, matricule G2/10, c’est finalement une page méconnue de l’histoire du numérique sénégalais qui se raconte. Celle des femmes et des hommes qui ont cru à une vision alors que tout restait à construire, celle des pionniers qui ont accepté les sacrifices des débuts pour faire émerger l’une des plus belles réussites technologiques du pays.
Les années où le lion devait faire ses preuves
Lorsque la Dakaroise rejoint l’aventure, GAINDE 2000 est encore loin d’être l’institution respectée qu’elle est devenue aujourd’hui. À vrai dire, l’entreprise ressemblait davantage à une startup avant l’heure qu’à un champion africain du numérique. Tout est à construire. Les ressources financières sont limitées, les moyens logistiques modestes et les équipes réduites à une poignée de jeunes professionnels convaincus qu’ils participent à quelque chose d’important, sans toujours mesurer jusqu’où cette aventure les mènera.
Les bureaux de l’époque n’ont rien de comparable avec les infrastructures actuelles. À l’avenue Carde d’abord, puis à l’immeuble Fahd, les équipes apprennent à travailler dans un environnement où chaque ressource compte. Une seule voiture est mise à la disposition de l’ensemble du personnel. Les profils spécialisés sont rares. Les journées sont longues. Très longues même. Elles commencent à 7h30 et se terminent souvent à 20 heures, du lundi au samedi. Les dimanches deviennent parfois des jours de travail lorsque l’actualité du projet l’exige.
Dans ce contexte, chacun doit dépasser largement le cadre de ses responsabilités initiales. Bineta en est l’un des meilleurs exemples. Chargée de produit à son arrivée, elle devient tour à tour formatrice, commerciale, accompagnatrice des utilisateurs, support technique, communicante et parfois même psychologue pour rassurer des acteurs du commerce extérieur encore sceptiques face à cette révolution numérique qui s’annonce. « Je déroulais des activités qui devaient être faites par plusieurs ressources », se souvient-elle, sourire au coin des lèvres.
ORBUS, son bébé, sa plus grande fierté
Lorsqu’on demande à Bineta Thiam quelle réalisation symbolise le mieux son parcours au sein de GAINDE 2000, elle ne réfléchit même pas : « Sans aucun doute le projet ORBUS. C’est mon bébé ! » La réponse est spontanée, presque affective. Et pour cause : ORBUS n’est pas seulement un projet qu’elle a accompagné, c’est une aventure qu’elle a vécue de l’intérieur, jour après jour, depuis ses débuts les plus incertains jusqu’à sa consécration.
À l’époque, les équipes travaillent sans compter leurs heures. Le matin, elle forme les utilisateurs. L’après-midi est consacré à d’autres missions. Le soir, il faut préparer les activités du lendemain. Mais le plus difficile n’est pas la charge de travail. Le véritable défi consiste plutôt à convaincre, explique notre interlocutrice. Convaincre des administrations habituées au papier, des opérateurs économiques parfois méfiants face à la dématérialisation et des partenaires qui doutent encore de la viabilité du projet. En 2004, lorsque ORBUS est lancé, les premiers résultats tardent à venir, les critiques se multiplient et la pression devient énorme. « Nous étions harcelés à longueur de journée. On avait peur de décrocher les téléphones », celle qui revendique trois expertises : Marketing Management, Droit des Affaires et Transport Transport Logistique.
C’est précisément parce que la diplômée de Sup Deco a traversé cette période que la réussite d’ORBUS représente sa plus grande fierté. Pour Bineta Thiam, ce projet symbolise la victoire de la persévérance sur le doute et le tournant majeur de l’histoire de GAINDE 2000. Ce qui paraissait impossible hier est devenu une référence aujourd’hui. Et chaque fois qu’elle regarde le chemin parcouru, elle repense à cette petite équipe de pionniers qui refusait d’abandonner alors que beaucoup annonçaient déjà l’échec. Bien plus qu’une plateforme, ORBUS est devenu la preuve qu’une vision portée avec conviction peut finir par transformer durablement un pays.
Regards dans le rétroviseur
Avec le recul, ce ne sont pas d’abord les plateformes ou les projets qui reviennent à l’esprit de Bineta Thiam lorsqu’elle regarde les vingt-cinq dernières années. Ce sont surtout les femmes et les hommes qui ont donné vie à cette aventure. Les collègues des premières heures, les longues journées de travail, les défis relevés ensemble et cette solidarité qui permettait de tenir même lorsque les difficultés semblaient insurmontables. « Ils m’ont tous marquée », résume-t-elle simplement.
Parmi ces figures, une occupe une place particulière : Ibrahima Nour Eddine Diagne. Visionnaire, passionné et profondément investi dans ses projets, l’Administrateur général a joué un rôle déterminant dans son parcours. « Il a dissipé toutes les craintes que j’avais des entreprises sénégalaises. Pour dire vrai, il m’a appris à travailler », confie-t-elle. Une reconnaissance qui revient régulièrement lorsque Bineta évoque les années fondatrices de GAINDE 2000.
Les souvenirs ne manquent pas. Elle se rappelle notamment ces démonstrations publiques durant lesquelles les ingénieurs informatiques se glissaient sous les tables pour souffler discrètement des solutions en cas de problème technique. Une anecdote qui la fait encore sourire aujourd’hui et qui résume parfaitement l’esprit de l’époque : des équipes engagées, solidaires et déterminées à réussir ensemble. « Les réunions pouvaient parfois être animées, mais dehors nous formions un bloc », se souvient-elle.
Le regard tourné vers demain
Si Bineta Thiam éprouve une immense fierté en regardant le chemin parcouru, elle n’oublie jamais de penser à l’avenir. Après avoir participé à l’émergence du numérique sénégalais, Madame Ndiaye observe avec intérêt les nouvelles transformations qui s’annoncent, notamment autour de l’intelligence artificielle et de l’automatisation.
Pour elle, GAINDE 2000 dispose de tous les atouts pour continuer à jouer un rôle majeur dans cette nouvelle phase. L’entreprise a déjà démontré sa capacité à anticiper les évolutions technologiques et à développer des solutions adaptées aux besoins du pays. « Avec l’intelligence artificielle, GAINDE 2000 reste et restera leader dans son domaine », affirme-t-elle avec confiance.
Au-delà de l’entreprise, Bineta Thiam estime que le principal défi pour l’Afrique est de ne pas manquer ce nouveau virage technologique. Le continent doit selon elle devenir davantage producteur d’innovations que simple consommateur. Aux jeunes qui rejoignent aujourd’hui le groupe, elle adresse un conseil simple, mais essentiel : « Le succès ne tombe pas du ciel. Il faut travailler avec rigueur, persévérance et prendre le temps d’acquérir de l’expérience ».
Une pionnière parmi les bâtisseurs
Au fil des années, Bineta Thiam a vu l’entreprise grandir, surmonter les obstacles, lancer des projets structurants et s’imposer comme un acteur incontournable du numérique. Elle a connu les périodes de doute comme les moments de consécration, mais n’a jamais cessé de croire à la vision portée par les fondateurs : « La réussite est au bout de la souffrance. Il faut toujours se battre pour ses rêves et défendre ses convictions », confie-t-elle.
Son parcours a également été marqué par des missions de coopération et de partage d’expériences autour du Guichet unique SYLVIE au Burkina Faso, ainsi qu