Ouvert en début de semaine avec une journée consacrée à la gouvernance de l’Internet, le 4ᵉ Salon International des Professionnels de l’Économie Numérique de l’UEMOA s’achève ce mercredi 15 juillet à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso. Pendant trois jours, décideurs publics, régulateurs, entreprises, startups, investisseurs et partenaires techniques ont échangé autour du thème : « Refonder l’économie numérique au sein de l’UEMOA : Intelligence artificielle, FinTech et finance inclusive », dans l’objectif d’accélérer l’intégration numérique régionale et de renforcer la souveraineté technologique de l’espace communautaire.
Lors de la cérémonie officielle d’ouverture, le président du ROPTIC-UEMOA a livré un discours à forte portée stratégique. Saluant la mobilisation des autorités burkinabè ainsi que la présence des ministres en charge du numérique des États membres, Antoine Ngom a estimé que cette participation traduit une prise de conscience. A l’en croire, le numérique est désormais un levier majeur de transformation économique, d’intégration régionale et de compétitivité pour les pays de l’Union. « La transformation numérique se fera ensemble ou elle se fera mal », tranché d’emblée celui qui président par ailleurs aux destinées de l’Organisation des professionnels des TIC du Sénégal (OPTIC).
Revenant sur le parcours du SIPEN, organisé successivement à Dakar, Abidjan, Lomé puis Ouagadougou, Monsieur Ngom a rappelé que le salon ne devait pas être un simple rendez-vous annuel, mais un espace où les idées se transforment en projets, les projets en partenariats et les partenariats en impacts concrets pour les populations. Selon lui, « la transformation numérique de l’Afrique de l’Ouest ne peut être ni fragmentée, ni solitaire », plaidant ainsi pour une coopération régionale renforcée entre États, secteur privé et partenaires techniques.
Le président du ROPTIC-UEMOA a également mis en avant les principaux défis auxquels fait face l’économie numérique régionale. Si le taux d’inclusion financière est passé de 37 % à près de 74 % en dix ans grâce notamment au développement du mobile money, il a rappelé que moins d’un tiers des comptes sont réellement actifs et que moins de 5 % des financements bancaires sont aujourd’hui orientés vers le secteur numérique. Pour lui, la véritable refondation passe désormais par un meilleur financement de l’innovation et des entreprises technologiques africaines.
Dans cette perspective, Antoine Ngom a annoncé la poursuite des travaux autour d’un Fonds TIC UEMOA, destiné à soutenir, à terme, l’émergence de champions régionaux dans des secteurs comme l’intelligence artificielle, la santé numérique, l’agriculture, l’éducation et la finance digitale. Il a toutefois insisté sur la nécessité de construire cet instrument avec méthode, transparence et responsabilité, en concertation avec les partenaires institutionnels.
Une première journée placée sous le signe de la souveraineté numérique
Les travaux avaient débuté lundi 13 juillet par une journée consacrée aux fondamentaux de la gouvernance de l’Internet. Les participants ont notamment débattu des ressources critiques de l’Internet, des noms de domaine nationaux, de la cybersécurité et des enjeux de souveraineté numérique. Les échanges ont également permis d’esquisser les bases d’une Alliance Ouest-Africaine des Noms de Domaine (AOAN) destinée à renforcer la coopération entre les registres nationaux des huit pays de l’UEMOA. Une activité citoyenne de don de matériels numériques à l’initiative Faso Mêbo a également marqué cette journée inaugurale.
Intelligence artificielle, FinTech et partenariats au cœur des échanges
La deuxième journée a été marquée par l’ouverture officielle du salon sous le haut patronage du Premier ministre burkinabè, la signature de protocoles d’accord, la visite des stands ainsi qu’une série de panels consacrés à l’intelligence artificielle, à la finance inclusive, aux FinTech et à la modernisation des services publics. Des rencontres B2B, des masterclass et des formations dédiées aux mécanismes d’inclusion financière ont également permis de rapprocher institutions, investisseurs, entreprises et startups de l’espace communautaire.
Clap de fin ce soir à Ouagadougou
Ce mercredi, le SIPEN-UEMOA 2026 se conclut avec une dernière journée consacrée à la gouvernance, à la confiance numérique et à la souveraineté financière, avant la restitution des recommandations, la lecture de la Déclaration de Ouagadougou, la signature de nouveaux partenariats et la cérémonie officielle de clôture, marquée notamment par le passage du fanion au pays qui accueillera la cinquième édition. Les organisateurs ambitionnent ainsi de faire de Ouagadougou une étape décisive dans la construction d’une économie numérique plus intégrée, plus souveraine et davantage tournée vers l’innovation au sein de l’UEMOA.