Le ministère du Numérique a annoncé ce matin, sur son compte LinkedIn, l’ouverture d’un appel à candidatures pour le recrutement du futur Directeur général ou de la future Directrice générale de l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP). Une annonce qui matérialise l’un des engagements pris par le Président Bassirou Diomaye Faye : ouvrir les postes stratégiques de l’État à la compétition des compétences plutôt qu’à la seule logique de nomination discrétionnaire.
Donc, au Sénégal, il serait aussi possible de dépolitiser progressivement l’administration et de remettre la méritocratie républicaine au cœur des nominations stratégiques ? La question mérite d’être posée. Depuis longtemps, les appels à candidatures pour les hautes responsabilités administratives sont considérés comme une bonne pratique dans de nombreux pays, permettant de renforcer la transparence, l’égalité des chances et la sélection des meilleurs profils. En choisissant cette voie pour la direction générale de l’ARTP, le gouvernement envoie un signal qui ne passe pas inaperçu.
Autre élément à saluer : l’État a choisi de publier cette offre sur Socium, une plateforme sénégalaise qui s’est imposée ces dernières années comme l’un des acteurs de référence du recrutement et des ressources humaines. Au-delà de l’aspect pratique, ce choix constitue un signal fort en faveur de l’écosystème numérique national. Voir une plateforme locale être mobilisée pour un recrutement aussi stratégique illustre également la volonté de faire confiance aux solutions développées au Sénégal.
Selon l’avis publié, cette procédure s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du New Deal Technologique et de l’Agenda national de Transformation Sénégal 2050. Ouverte à tous les Sénégalais remplissant les critères requis, elle vise à recruter la personne qui pilotera la stratégie et la gouvernance de l’ARTP, renforcera la régulation des télécommunications, du numérique et des postes, tout en veillant à la protection des usagers, à l’innovation et au développement de l’économie numérique.
Si cette démarche est menée jusqu’à son terme dans un esprit de transparence et de sélection fondée sur les compétences, elle pourrait constituer un précédent important. Plus encore, si cette méthode venait à être progressivement étendue aux directions générales, agences nationales et entreprises publiques, elle marquerait une évolution profonde de la gouvernance publique sénégalaise. C’est pourquoi cette première initiative mérite d’être saluée. Elle apparaît comme un bon signe envoyé par le Chef de l’Etat et son Ministre du Numérique, en cohérence avec les engagements de réforme de l’administration et de promotion du mérite.
Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 6 août 2026. Pour déposer sa candidature, cliquer ici ici