Il fut un temps où Awa Diop faisait partie des visages familiers des événements consacrés à la musique, au numérique et à l’innovation en Afrique. Passionnée par les mutations de l’industrie musicale, elle suivait de près l’émergence du streaming sur le continent et contribuait activement aux réflexions sur la place des artistes africains dans l’économie numérique.
Puis, progressivement, elle s’est faite plus discrète. Du moins à mes yeux. Son nom apparaît moins souvent dans les conférences et les rencontres de l’écosystème que je fréquente. Peut-être a-t-elle simplement changé d’univers. Peut-être est-elle toujours là, mais loin des projecteurs. Avec son élégance naturelle, sa longue chevelure noire encadrant un sourire chaleureux et un regard attentif, Awa Diop a toujours dégagé cette impression de discrétion qui lui permettait de passer presque inaperçue malgré son influence.
Son parcours reste associé à l’une des tentatives les plus intéressantes autour de la musique digitale africaine. À une époque où les plateformes internationales dominaient déjà le marché, elle participait à la réflexion sur des modèles davantage adaptés aux réalités des créateurs africains. Un engagement qui n’est pas sans rappeler celui d’autres pionniers sénégalais du secteur, à l’image de Boubacar Djiba.
Alors, que devient Awa Diop aujourd’hui ? A-t-elle choisi de poursuivre ses activités loin de l’agitation médiatique ? Continue-t-elle à œuvrer dans les industries créatives, l’innovation ou la transformation des organisations ? Difficile de le savoir. Une chose est certaine : pour ceux qui ont suivi les débuts de la musique numérique africaine, son absence apparente des radars suscite la curiosité. Et mérite bien un nouvel épisode de notre série « Portés disparus ».