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Bara Ndiaye, l’entrepreneuriat au profit de tous, en Afrique

Bara Ndiaye, l’entrepreneuriat au profit de tous, en Afrique

Originaire du Sénégal, l’expert en transformation digitale Bara Ndiaye fait partie de ces nombreux Sénégalais qui font la fierté de leur pays à l’étranger. Établi en France depuis plusieurs années, ce fondateur d’une plateforme de mise en relation entre professionnels et particuliers est déjà un consultant de classe mondiale dans les Technologies de l’Information et de la Communication.

Franco – Sénégalais, né à Dakar, Bara Ndiaye est convaincu que le digital est une chance pour l’Afrique. Il faut dire que la technologie est entrée dans sa vie très tôt. Arrivé dans l’Hexagone dans les années 1990, il renoue avec l’informatique et acquiert très vite plusieurs certifications Microsoft. Il a ainsi pu travailler en tant que chef de projet pour des multinationales : SAMSUNG, CHANEL, L’Oreal, Groupe LEFEBVRE SARRUT…

Mais cet entrepreneur n’a jamais oublié ses racines sénégalaises. En plus de sa société fondée en France et au nom de laquelle il fait ses prestations, ce Sénégalais d’origine crée également l’ African Management Services (AMS). «il y avait un vide autour de plateformes qui pouvaient exposer des services. Je me suis alors dit qu’il fallait proposer une plateforme qui regroupe plusieurs services dont les citoyens pourraient avoir besoin au quotidien », indique-t-il.

C’est dans ce contexte qu’il crée l’AMS qui regroupe les professionnels du droit (avocats, notaires et juristes), les professionnels techniques (serruriers, électriciens, plombiers, etc), les administrations (Mairies, pompiers, les assurances, les cours à domicile), sans compter les médecins, les hôpitaux ainsi que les pharmacies, avec plusieurs franchises Afrique (Gambie, Guinée, Mali, Maroc, Cote d’ivoire, Togo, Burkina Faso, Bénin, Rwanda et Gabon). Tous ses services sont consultables sur une application Web (https://www.african-managementservices.com/). Notre entrepreneur nourrit

l’espoir que d’autres Africains « feront la même démarche » pour aider davantage des populations, pas toujours favorisées par la nature, à profiter pleinement des opportunités qu’offre la technologie.

En mettant les professionnels peu visibles sur orbite, l’agence aide surtout les jeunes à offrir des services, via l’application Web et mobile, à booster leur chiffre d’affaire, mais également donne la chance à l’Etat d’avoir plus de recettes fiscales dans ses caisses. Ce qui passe naturellement par une formalisation des acteurs du secteur informel « qui vont vouloir apparaitre sur la plateforme ». Oui, Bara Ndiaye compte, à travers l’AMS, réduire le taux d’informel en conseillant les professionnels à « aller se mettre en règle administrativement ».

Mais, il ne faut pas se voiler la face et le bilingue (il parle aussi Anglais), est conscient que tous les citoyens n’ont pas malheureusement accès à la technologie, surtout dans le monde rural. Cette fracture numérique comme on l’appelle « s’explique, d’une part, par l’inégalité sociale, le manque de moyens pour certaines familles (un PC à la maison, un accès illimité à internet, par exemple) ». Et à ses yeux, ça reste « un gros chantier à travailler à travers le déploiement d’un réseau qui couvrirait le milieu rural ». Mais, « utilisons notre propre potentiel », autrement dit, « nous ne sommes pas obligés de suivre au pas le mode de fonctionnement occidental. Utilisons le soleil comme énergie renouvelable pour mieux alimenter des antennes – relai afin de mieux couvrir le réseau national », plaide Bara Ndiaye qui attend beaucoup « des élus locaux en mettant à la disposition des citoyens, des lieux équipés en accès libre et gratuit, des aides financières pour les familles dont les enfants scolarisés ont besoin d’avoir des tablettes » parce qu’à ses yeux, « l’éducation et la formation peuvent mettre tout le monde au même niveau ».

Pour lui, la révolution technologique en cours, et qui n’épargne plus aucun secteur d’activité, s’impose à tous, quel que soit l’endroit où l’on se trouve dans le monde. « Aujourd’hui, il est difficile pour une entreprise, une administration ou encore l’enseignement de fonctionner sans le numérique », tranche-t-il, avec beaucoup de conviction. Et c’est pour cela d’ailleurs qu’il se félicite du fait que, dans son pays d’origine, le président Macky Sall « ait mis au cœur de son mandat, l’expansion du digital » avec la nomination d’une ministre à la tête de ce département.

Toutefois, cela ne suffit pas, à l’en croire. « Il faut un réel investissement, à la fois économique et humain », sans jamais oublier « de faire un diagnostic et un audit auprès des professionnels, les enseignants notamment, pour recenser leurs besoins, avant de se lancer, par exemple, dans une usine à gaz ». Et au nombre des besoins dans le secteur de l’enseignement, il y a nécessairement des tablettes numériques, des cours d’informatique dès le primaire avant d’élargir le projet aux universités

publiques, plaide encore cet Afro-optimiste. Les bons choix en matière de politique digitale sont d’autant plus stratégiques qu’ils attirent les multinationales de la Tech comme les GAFAM.

Et pour y arriver, explique Bara Ndiaye, il est nécessaire de mettre en place les investissements de pointe telles que les technopoles, les incubateurs et les institutions bancaires. « Regardez, par exemple, le chiffre d’affaires d’Apple au premier trimestre 2019 ! Il tourne autour de 29 mille milliards de francs CFA. Ce qui impacte et contribue fortement au PNB des Etats-Unis », fait-il remarquer, pour insister davantage sur la forte rentabilité des entreprises du numérique. Seulement, à ses yeux, aujourd’hui, toutes les entreprises tardent encore à se transformer digitalement en introduisant les outils nécessaires. « D’autres font de la résistance tout simplement », estime Monsieur Ndiaye, tout en considérant qu’il faut « faire de la pédagogie et accompagner au changement », dans un contexte où « on parle de véritable conduite de changement ». Cela dit, « le numérique ne remplacera jamais l’humain », corrige-t-il.

Et l’accompagnement à ce changement qu’il veut donc pédagogique doit inclure, de son avis, l’utilisation des médias sociaux. « Les jeunes qui sont les plus grands consommateurs » de ces nouveaux métiers doivent être particulièrement sensibilisés dans un contexte de manipulation de masse à travers de faux montages vidéos (fake news, deepfake) et des propos diffamatoires et par conséquent, attentatoires à la dignité de pauvres citoyens. « Accompagner aux bons usages en informant sur les risques et les conséquences notamment sur l’addiction aux écrans » est devenu une urgence, quand ce n’est pas un impératif, alerte le fondateur d’AMS, mais tout en précisant que ce travail ne veut nullement dire censure ou moralisation.

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