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RFM : Ndatté Diop n’est plus

RFM : Ndatté Diop n’est plus

Passionné de culture et de terrain, El Hadji Ndatté Diop restera dans la postérité comme un grand journaliste. Diplômé de l’ISSIC de Dakar, il aurait pu, comme beaucoup de jeunes, poursuivre tranquillement sa carrière, parce que légitimement autorisé à exercer cette belle profession que nous partagions. Mais, le ressortissant de Pire avait bien plus d’ambitions : il voulait briller et, plus que jamais, dans les médias, au Sénégal. C’est ainsi que quelques années plus tard, il demande à intégrer le Centre d’études des sciences et techniques de l’information à travers le Fonds d’Aide à la Presse spécialisé dans l’accompagnement des professionnels n’étant pas forcément passés par les écoles pour leur formation initiale.

Il avait démarré par des maisons de presse comme Walfadjiri, mais c’est au sein de la Radio Futurs Médias, du chanteur Youssou Ndour, qu’il commencera vraiment à attirer l’attention des auditeurs. Et cela se passe en 2003 quand ce marié et mère de famille accepte un poste de correspondant à Thiès. Féru des gros sujets d’actualité, il couvre notamment les chantiers de Thiès et le fameux dossier qui enverra Idrissa Seck, alors Premier ministre d’Abdoulaye Wade, en prison.

Le caractère culturel de la capitale du rail n’est sûrement pas étranger à son choix de se spécialiser dans la couverture de l’actualité culturelle. El Hadji Ndatté Diop en maitrisait parfaitement les enjeux, au point d’être porté à la tête de l’Association des journalistes culturels du Sénégal, poste qu’il occupe jusqu’à sa disparition brutale, lorsque sa longue maladie a eu raison de lui.

Déjà stagiaire à la RFM en 2013, il m’avait beaucoup impressionné par sa courtoisie, son humilité et sa générosité. C’était le genre de confrères qui étaient très ouverts à la critique, quoique ayant fait des dizaines d’années dans le métier. Lorsque j’entre dans le service « Culture », il se montre encore plus disponible dans l’encadrement et les mises en relation avec les acteurs culturels.

En 2017, pour les besoins de la couverture du FESPACO remporté par Alain Gomis, il se donna beaucoup de peine pour mon premier passeport, au point d’en rire plus tard, rappelant à chaque fois avoir guidé mes pas jusque dans l’avion. Et il n’avait pas tort. Plus qu’avoir guidé mes premiers pas, il a toujours été là, à mes côtés, infatigable et bienveillant, comme un véritable grand frère.

Nos dernières retrouvailles remontent aux dernières locales que nous avons couvertes ensemble, avec Joe Marone, aux Parcelles Aissainies.
Que de peine, cette après-midi, lors de la levée du corps au Centre de Santé Nabil Choucair. Je n’ai pu retenir mes larmes, bousculé par tant de souvenirs.

Mes condoléances à la profession, à son épouse et à ses enfants qu’il chérissait tellement, – et ça sautait à l’oeil, tant il les aimait. Un grand vide, avec son absence.

Que la terre de Pire lui soit légère !

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