Le dirigeant de GAINDE 2000, Ibrahima Nour Eddine Diagne, a été élu, le 2 novembre 2026 à Genève, président du Centre des Nations unies pour la facilitation du commerce et les transactions électroniques (UN/CEFACT), pour le mandat 2026-2029. Annoncée sur la page LinkedIn de la Commission économique des Nations unies pour l’Europe (CEE-ONU), cette élection porte, pour la première fois, un représentant du Sud global à la tête de cet organisme international.
Le Sénégal accède ainsi à la présidence d’une instance dont les travaux accompagnent la simplification des procédures et la numérisation du commerce mondial. Selon la publication de la CEE-ONU, l’UN/CEFACT a adopté 49 recommandations ainsi qu’environ 900 normes et modèles de données. Ses travaux couvrent notamment les guichets uniques du commerce extérieur et le système de codification des lieux utilisés pour le commerce et le transport, UN/LOCODE.
Ibrahima Nour Eddine Diagne sera accompagné de dix vice-présidents issus de l’Australie, du Canada, de l’Italie, du Kirghizistan, du Maroc, de la Norvège, de l’Espagne, de la Suisse, du Royaume-Uni et des États-Unis. Ce bureau aura notamment à poursuivre le développement et l’adoption d’outils communs permettant aux administrations et aux entreprises de mieux échanger leurs données et de fluidifier les transactions internationales.
Dans un message publié après son élection, le nouveau président a remercié le chef de l’État sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, pour le soutien apporté à sa candidature. Il précise que le président de la République avait engagé, depuis avril, le ministère des Affaires étrangères à mobiliser le réseau diplomatique sénégalais. Il a également salué le travail de la mission permanente du Sénégal auprès des Nations unies à Genève et rendu hommage à sa prédécesseure, la Canadienne Nancy Norris.
Cette fonction, qu’il précise exercer à titre bénévole, intervient dans un contexte de transformation rapide du commerce international. Dans sa déclaration, Ibrahima Nour Eddine Diagne insiste sur la nécessité de renforcer l’utilisation des normes, guides et recommandations de l’UN/CEFACT. “La place des standards est plus que jamais considérée comme une nécessité pour garantir la traçabilité, l’interopérabilité et l’efficacité globale de la chaîne logistique”, souligne-t-il. Il entend aussi mobiliser davantage d’experts dans les différentes régions du monde et favoriser l’utilisation des outils de l’organisation pour contribuer à réduire les coûts du commerce.
Cette responsabilité internationale prolonge un parcours consacré à la dématérialisation des échanges. Engagé depuis 1996 dans la digitalisation des formalités du commerce international, Ibrahima Nour Eddine Diagne dirige GAINDE 2000 depuis 2002. Son parcours de formation l’a notamment conduit à HEC Montréal, à l’Université du Québec à Montréal et à HEC Paris. Il a également suivi des formations de perfectionnement auprès de la Stanford Graduate School of Business et de Harvard Business School Online.
À la tête de GAINDE 2000, il a contribué au développement du guichet unique du commerce extérieur sénégalais et au rayonnement de cette expertise dans d’autres pays. L’enjeu dépasse la conversion des documents papier en fichiers numériques. Il s’agit de faire travailler ensemble des administrations, des banques, des transitaires et d’autres intervenants autour de procédures partagées, avec des données fiables et des responsabilités clairement établies.
Dans un entretien accordé au Figaro, relayé en mars dernier par Le Tech Observateur, il mettait précisément en avant cette dimension organisationnelle. La réussite d’une transformation numérique dépend, dans son approche, de la capacité à coordonner les acteurs, à construire la confiance et à conduire effectivement le changement. La technologie trouve sa valeur dans l’amélioration des délais, la simplification des démarches et le renforcement de la compétitivité.
Cette expérience nourrit également son regard sur l’intelligence artificielle. Pour GAINDE 2000, celle-ci peut prolonger les acquis de la dématérialisation, notamment dans des tâches complexes comme la classification des marchandises. L’entreprise étend par ailleurs son champ d’intervention à d’autres domaines, dont la justice, la fiscalité et le notariat, avec une attention portée à l’interconnexion des systèmes.
Son engagement se manifeste aussi dans l’animation du débat numérique au Sénégal. Initiateur des Mardis du Numérique, puis de la Rentrée Numérique, Ibrahima Nour Eddine Diagne a contribué à installer des espaces de rencontre entre responsables publics, entreprises, chercheurs, étudiants et acteurs de la société civile. Ces initiatives abordent les conséquences économiques et sociales des technologies autant que leurs applications pratiques.
La récente édition de la Rentrée Numérique, organisée en septembre 2026, illustre cette orientation. Cette cinquième édition, spéciale Afrique, avait pour thème “Le numérique au cœur des dynamiques géostratégiques : le défi africain”. Sa note conceptuelle plaçait au centre des réflexions la souveraineté numérique, le financement de l’accès universel, les effets de l’intelligence artificielle sur les entreprises et l’emploi, ainsi que les risques liés à la désinformation et à la guerre économique. Une ambition traversait ces sujets, celle de renforcer la capacité des pays africains à anticiper les transformations et à construire des réponses communes.
Membre du Conseil national du numérique du Sénégal depuis juillet 2025, selon son profil professionnel, Ibrahima Nour Eddine Diagne participe également à la réflexion sur les politiques publiques du secteur. Sa proximité avec l’UN/CEFACT s’inscrit, elle aussi, dans la durée. Avant cette élection, il occupait, depuis août 2025, une fonction de conseiller spécial auprès de la présidence de l’organisme.
Le dirigeant est aussi écrivain. Dans “La Parole des Silences : Les pleurs sans larmes d’un monde sans âme”, publié chez L’Harmattan Sénégal et présenté en décembre 2024, il rassemble des réflexions sur les inégalités, la gouvernance, les tensions internationales et la quête de sens. Le Sénégal y occupe une place particulière, à travers des interrogations sur l’éducation, le développement et l’innovation.
Avec cette élection, son expérience de la transformation numérique du commerce prend une nouvelle dimension. À la présidence de l’UN/CEFACT, l’enjeu sera de contribuer à des règles et à des outils communs utilisables dans des économies aux capacités très différentes. Pour le Sénégal, cette première ouvre un espace de représentation au sein d’une instance où se construisent une partie des standards du commerce international.