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El Hadji Babacar Bâ : une vie dédiée aux télécoms, au service de l’Afrique

El Hadji Babacar Bâ : une vie dédiée aux télécoms, au service de l’Afrique

Ayant grandi entre Plateau, la Médina et Golf Sud, El Hadji Babacar Bâ se définit comme un « pur produit de la banlieue dakaroise ». Même très loin du Sénégal, l’expert international en Technologies de l’Information et de la Communication, désormais établi à Montréal, avec un focus sur les télécoms, se dit plus que jamais préoccupé par le développement du secteur, en Afrique. A 47 ans, ce surdiplômé revendiquant 17 ans d’expérience a visité plus de 45 pays à travers les 5 continents. Rencontre avec un expert reconnu dans la régulation des télécommunications, ancien haut cadre à Millicom, et ancien chargé des relations internationales et des conférences à l’ARTP du Sénégal

S’il fallait le ranger dans une catégorie – quoiqu’il demeure inclassable-, El Hadji Babacar Bâ pourrait être qualifié de “citoyen du monde” comme on dit depuis que le Canadien Marshall McLuhan a lâché la fameuse expression. Et ça tombe bien, le Sénégalais, passionné de voyage et de découvertes, s’est bien éloigné de la chaleur africaine pour plonger, et profondément, dans le froid de Montréal. Pour avoir été chargé des relations internationales et des conférences à l’ARTP du Sénégal et Directeur des affaires réglementaires pour Sentel GSM-TIGO (devenu Free au Sénégal), les télécommunications lui sont devenues si familières. Expertise qu’il a d’ailleurs poussé plus loin au point d’être coordonnateur de projet pour l’UIT, en plus d’avoir collaboré avec des opérateurs télécom au Moyent-Orient, notamment pour Saudi Telecom Company, en qualité d’expert en régulation.

Un prophète chez soi

Egalement connu et reconnu à l’Union Africaine des Télécommunications (UAT), ce Dakarois très présent sur le continent et au sein de sa diaspora, est titulaire d’un Diplôme universitaire supérieur en gestion et technologie et d’un MBA de HEC Montréal, avec plusieurs certificats et formations sur les problématiques TIC/TI, telles que le « Network Physical Interconnexion » et les « Next Generation Networks » obtenus à l’Ecole supérieure multinationale des télécommunications de Dakar. Parlant l’Anglais et le Français, El Hadji Babacar Bâ est bien conscient de l’importance de la problématique de la formation des décideurs sur le continent. Ce consultant international a acquis 5 ans d’expertise dans le domaine du renforcement des capacités et de la formation, à l’UIT ainsi qu’à l’ESMT, à travers notamment le développement de matériels en ligne, la conception de contenus de formation et le renforcement des capacités du gouvernement, des décideurs politiques et du secteur privé dans la réglementation et la politique de la gouvernance de l’Internet et des télécommunications. Le développement de supports de formation pour les décideurs de haut niveau, le gouvernement, les opérateurs, est loin d’être un mystère pour l’intéressé également à l’aise dans le conception de stratégies gagnant côté transformation digitale.

Les nouveaux défis de la régulation

Dans un contexte où les TIC se développent avec une vitesse de croisière dans tous les secteurs, le spécialiste de la régulation dit noter de nouveaux défis qui se posent dans le domaine des fintechs, de la blockchain, des cryptomonnaies, du Mobile Money et des Smart Cities. Mais en grand connaisseur de ces questions de pointe, il y travaille, bien plus qu’il ne les observe, avec l’ambition de bien impacter au Sénégal. “Mon rêve pour le Sénégal est de faire de mon pays le plus grand hub Digital en Afrique, avec une vraie transformation numérique dans tous les domaines de notre économie. Un exemple simple : que mon cousin d’Agnam Civol puisse commander n’importe où, au Sénégal, son extrait de naissance ou de nationalité, à travers son application mobile. Que le Policier n’ait pas besoin d’arrêter les automobilistes pour les contrôles de routine et qu’il puisse, juste, en un clic, faire entrer la plaque d’immatriculation pour vérifier”.

Des projets solides pour le continent

Dans l’immédiat, Monsieur Bâ souhaiterait bien “acquérir une ISP pour améliorer la connectivité au niveau des zones rurale, urbaine et le milieu académique (Wifi City Wide à travers un ISP), faire du E-Service, une réalité pour nos administrations territoriales, en mettant en place un plan d’affaire pour rentabiliser les Datacenter que l’Etat à mis en place, créer une structure académique professionnelle qui forme les adolescents et les jeunes filles dans les métiers de la transformation“. Mais c’est une question qui n’est pas toujours simple. Et à l’en croire, c’est d’autant plus vrai dans les médias. Profession nécessitant que “l’Etat refonde nos institutions de régulation pour pallier les dérives liées à la forte digitalisation de notre économie”. A défaut, estime-t-il, “il faut une loi souple qui renvoie et donne la possibilité aux institutions de régulation d’avoir la liberté d’arbitrer et de donner des avis, décisions applicables sans commune mesure par les parties concernées. Le code des communications électroniques est trop statique et contient trop d’articles qui ne correspondent pas à l’évolution rapide de la transformation digitale”, plaide le spécialiste en régulation, tout en rappelant que “réguler les réseaux sociaux est un gage de souveraineté numérique et de stabilisation sociale”, avant de conclure que “personne n’a le droit de publier des messages audio et vidéo privés sans consentement“, à moins de vouloir créer des “scandales liés aux réseaux sociaux“. 

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