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De l’aviation au secteur bancaire : Aissatou Djiba Diallo, la Madame Fintech d’Ecobank

De l’aviation au secteur bancaire : Aissatou Djiba Diallo, la Madame Fintech d’Ecobank

A défaut de survoler l’espace dans l’uniforme d’un pilote comme elle en a rêvé un temps, Aissatou Djiba Diallo se fait bien l’avocate des startups dans ses nouvelles responsabilités. Si elle a bien connu et fréquenté le milieu des petits poucets lorsqu’elle travaillait chez Microsoft, c’est bien en sa qualité de Directrice de la Stratégie Fintech du Groupe Ecobank que cette diplômée de l’Université Pierre et Marie Curie est plus visible dans le secteur. Née d’une mère secrétaire de pharmacie et d’un père matématicien, Aissatou a passé toute son enfance entre le Gabon, la Guinée et le Sénégal, avant d’aller poursuivre ses études en France. Portrait d’une panafricaine jusque dans la tenue.

Discrète, accessible, faussement timide, mais d’une rare éloquence même quand elle se tait, Aissatou Djiba Diallo est l’une de ces grandes dames que l’on aime bien croiser. Prendre la parole, évoquer l’apport des startups, plaider leur cause, cette passionnée de TIC et d’innovation en a déjà beaucoup fait ces dernières années en tant que responsable des innovations pour le compte du programme Microsoft4Africa. Si elle est bien visible sur le continent, c’est en France que cette développeuse de logiciels, diplômée de l’Université Pierre et Marie Curie, obtient son premier emploi. “La toute première expérience professionnelle qui m’a marquée est lorsque j’ai eu à travailler à Alstom Transport en France. A l’époque j’étais fraichement diplômés en ingénierie informatique, et j’avais en charge la standardisation du logiciel de premier niveau pour les trains automatiques (sans conducteur). Ce logiciel était utilisé sur les trains en service à Singapour et à Hong Kong, et j’étais particulièrement fière de contribuer à un projet aussi ambitieux“, se souvient Aissatou, estimant avoir “trouvé cette expérience très enrichissante” et “apprécié le fait de travailler dans cet environnement“.

De grosses responsabilités de Directrice Stratégie Fintech pour le Groupe Ecobank

Son image est certes intimement liée à Ecobank et pourtant, Aissatou Djiba Diallo n’a rejoint Ecobank qu’en juillet 2019 après plus de 11 ans chez l’Américain Microsoft. Sa nouvelle mission consiste “élaborer et exécuter une stratégie afin de faire d’Ecobank l’Institution financière leader en termes de partenariat avec les innovateurs du continent“, souligne la jeune Sénégalaise travaillant aujourd’hui pour un groupe présent dans 35 pays en Afrique, avec une représentation à Paris, Londres, Dubai et à Beijin et revendiquant 13.000 employés et plus de 32 millions de clients dans le monde. Habituée aux tâches exigeantes et difficiles, Aissatou est consciente des lourdes responsabilités qui pèsent sur ses épaules. “A mon arrivée dans la Banque en 2019, précise-t-elle, Ecobank avait déjà commencé avec le concours Ecobank Fintech Challenge, qui est aujourd’hui l’une des compétitions les plus importantes organisée par une banque en Afrique pour identifier et supporter les futures pépites du Continent, confie la nouvelle recrue de l’institution bancaire, indiquant qu’à ce jour, “nous avons plus de 5500 startups qui ont participé à ce concours et 57 ont bénéficié de notre programme de Followship qui consiste à leur faciliter l’accès à des partenariats commerciaux avec la Banque et avoir la possibilité de lever des fonds avec nos partenaires investisseurs“.

Vers une banque plateforme en ligne

La transformation digitale est une nécessité pour tous les secteurs d’activité, particulièrement chez les banques où, plus que jamais, l’on est appelé à s’adapter. C’est un chantier prioritaire aux yeux d’Aissatou Djiba Diallo convaincue de l’importance vitale de l’Open Banking. “En 2020, nous avons lancé le tout premier Sandbox panafricain (bac à sable en Français), qui est une plateforme technologique à partir de laquelle n’importe quelle entreprise peut s’intégrer à nos services digitaux via nos API (Application Programming Interface ou Interface de programmation d’Application). Cette plateforme est complétement ouverte et gratuite  d’accès, ce qui permet à des dizaines de partenaires de se connecter à nos services digitaux tels que notre produit Xpress Cash (générer des codes de retraits dans des Gabs) ou Xpress account pour l’ouverture de compte bancaires digitaux“, rappelle la Directrice la Directrice Stratégie Fintech d’Ecobank qui y voit une réelle opportunité pour les fintechs d’offrir “des services bancaires à leurs clients sans qu’ils n’aient forcément de comptes bancaires“.

Les femmes devraient prendre plus de place dans le milieu de la tech

Pour avoir travaillé pour Microsoft et être au coeur de la marche du digital dans le monde, l’ancienne habitante de Yarakh, fameux quartier lébou de Dakar, est bien consciente d’une réalité : ce sont les hommes qui dominent encore dans les postes de responsabilités sur la scène technologique. “Dans cette situation, c’est très difficile pour les femmes et les jeunes filles de s’identifier à des femmes références auxquelles elles voudraient ressembler plus tard“, déplore celle qui voulait devenir pilote d’avion. Aissatou ne s’en était pas arrêtée au rêve. Elle était passée à la réalité avec trois ans de formation au Maroc “pour assouvir ce désir de me rapprocher des étoiles” avant que le destin n’en décide autrement. Aujourd’hui, l’ancienne pensionnaire du Lycée Ngalandou Diouf se dit fière de son pays et de la contribution des femmes et des filles dans les filières technologiques. “Nous avions alors beaucoup de jeunes femmes dans les universités et écoles supérieures qui suivaient des filières dans le domaine des TIC et qui étaient particulièrement brillantes. On se souvient tous de la participation par exemple des CYANs Girls au concours Imagine Cup en 2011. Elles avaient alors représenté l’Afrique de l’Ouest et du Centre à New York après avoir surpassé toutes les autres équipes de la région Afrique francophone. En réalité les membres de la communautés des autres pays étaient souvent étonnés du grand nombre d’étudiantes en informatique qu’ils rencontraient au Sénégal”, conclue celle dont les parents “se sont évertués à ne jamais faire la différence entre garçon et filles parmi leurs enfants et à toujours nous encourager dans nos études“.

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Merveil Danga
Merveil Danga
1 mois il y a

Bonjour la grande dame

Merveil Danga
Merveil Danga
1 mois il y a

Sans aucun doute elle est un modèle pour moi

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