Au Sénégal, tomber malade peut aussi devenir une épreuve financière. Pour de nombreuses familles, au-delà du diagnostic et de la maladie elle-même, se pose rapidement la question des moyens : comment payer les examens, acheter les médicaments, supporter les frais d’hospitalisation ou financer une intervention médicale ? Face à certaines pathologies, les montants nécessaires peuvent dépasser très largement les capacités financières des ménages et contraindre des familles à solliciter parents, proches, collègues, communautés ou bonnes volontés.
C’est à cette problématique que veut apporter une réponse « Baye Defal Yalla », une initiative présentée en marge de la Rentrée Numérique Dakar 2026, les 8 et 9 septembre. Son ambition : utiliser le numérique pour mieux organiser la solidarité et permettre de mobiliser des contributions en faveur de personnes rencontrant des difficultés pour financer leur prise en charge médicale.
L’initiative est portée par plusieurs personnalités et bonnes volontés, parmi lesquelles Ibrahima Nour Eddine Diagne, Administrateur général de GAINDE 2000, Mohamed Diouf, Directeur général de GAINDE Talent Provider (GTP), mais également des professionnels de la santé et des acteurs issus de différents horizons. Une mobilisation qui donne à « Baye Defal Yalla » une dimension particulièrement intéressante : mettre en commun technologie, expertise médicale, réseaux professionnels et générosité citoyenne autour d’un même objectif.
Concrètement, le projet prévoit la mise en place d’une plateforme numérique permettant de présenter des situations nécessitant une aide médicale et de mobiliser des dons pour leur prise en charge. Mais l’un des enjeux essentiels sera celui de la confiance. Les cas soumis devront faire l’objet d’un processus de validation, avec une implication des structures de santé, tandis que les donateurs devront pouvoir disposer d’une visibilité sur la destination et l’utilisation des sommes mobilisées.
Lors de la présentation de l’initiative, le Médecin-colonel Mohamadou Mansour Fall a notamment salué l’engagement de GAINDE 2000 dans un projet à forte dimension sociale, qui va au-delà de son domaine d’activité traditionnel. Et c’est peut-être l’un des enseignements intéressants de cette initiative : montrer que la transformation numérique peut également s’intéresser aux vulnérabilités les plus concrètes de notre société.
Je tiens personnellement à saluer Ibrahima Nour Eddine Diagne, Mohamed Diouf et toutes les personnes engagées dans « Baye Defal Yalla ». La réussite du projet se mesurera naturellement à sa capacité à installer durablement la confiance, à garantir la transparence, à fédérer les structures de santé et à mobiliser suffisamment de donateurs. Mais l’ambition mérite déjà d’être encouragée : faire du numérique non seulement un instrument de performance et de modernisation, mais aussi un outil de solidarité capable, demain, d’aider des Sénégalais à accéder aux soins lorsqu’ils n’en ont pas les moyens.