Le free roaming entre le Sénégal, le Togo et le Bénin est désormais une réalité. Portée par l’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes du Sénégal et ses homologues, l’initiative s’inscrit dans une logique d’intégration régionale, avec des avantages concrets : appels reçus gratuits, tarifs locaux pour la voix et les SMS, baisse des coûts pour les voyageurs. Mais au-delà de l’annonce, une série de questions mérite d’être posée.
À l’heure où les usages basculent massivement vers des applications comme WhatsApp, Telegram ou Zoom, le free roaming tel qu’il est conçu aujourd’hui et pensé au moins depuis le magistère Abdou Karim Sall, répond-il encore aux attentes dominantes des utilisateurs ? Les priorités ne se situent-elles pas désormais ailleurs ? — Le coût et la qualité de la data — La couverture réseau, notamment hors des capitales — La gestion de la concurrence entre opérateurs et plateformes OTT — La souveraineté numérique et la régulation des géants du numérique.
Dans ce contexte, plusieurs interrogations émergent : Le free roaming est-il une avancée structurante… ou un ajustement d’un modèle en transition ? Les régulateurs doivent-ils continuer à optimiser la voix et les SMS… ou accélérer sur la régulation de la data et des usages numériques ? Comment arbitrer entre intégration régionale et transformation profonde des usages ? Et surtout : comment intégrer pleinement les OTT dans la réflexion réglementaire, sans freiner l’innovation ? Autant de questions qui méritent d’être discutées.
Chers experts, votre avis nous serait d’une grande utilité.